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AFCDRP-Maires pour la Paix France

 

Mars 2015

 

Le 20e siècle a été le théâtre de deux conflits d’ampleur mondiale, mettant en œuvre des moyens de destruction sans précédent. Face aux conséquences humaines, environnementales et économiques catastrophiques de ces guerres, l’être humain a été confronté à un changement radical dans sa façon d’envisager les conflits : le maintien de la paix devenait un impératif catégorique. Ce constat, faisant de la prévention des conflits une condition de la survie de l’espèce humaine, a présidé à la création de l’Union Européenne et des Nations Unies au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Malheureusement, depuis presque quatre décennies, « l’empilement de crises liées les unes aux autres, menant à une crise systémique planétaire », comme le dit Jacques Degroote, président d’Algonesia Technologies, valide ce constat et montre que les solutions proposées ne sont pas à la hauteur des besoins réels.

 

Fruit d’une réflexion menée depuis de nombreuses années au sein des Nations Unies et de l’UNESCO, le concept de culture de la paix dessine les actions à entreprendre pour apporter des réponses viables aux crises et parvenir à des méthodes efficaces de règlement et de prévention des conflits. La culture de la paix sera formalisée clairement à partir des années 1980. En 1986, le Manifeste de Séville sur la violence, rédigé par des scientifiques internationaux, met en évidence que la guerre n’est pas déterminée par les gènes, par la nature humaine ou par l’instinct, mais qu’il s’agit d’une invention sociale. La conclusion des scientifiques est pleine de sens : « la même espèce qui a inventé la guerre est également capable d’inventer la paix ». Jean Monnet le disait déjà !

 

Par la suite, le Congrès international sur la paix dans l’esprit des hommes (Yamoussoukro, Côte d’Ivoire, 1989) adresse une recommandation sans ambiguïté à l’UNESCO : « (...) contribuer à la construction d’une nouvelle vision de la paix par le développement d’une culture de la paix, sur le fondement des valeurs universelles du respect de la vie, de liberté, de justice, de solidarité, de tolérance, des droits de l’homme et d’égalité entre les femmes et les hommes ». Les Nations Unies et l’UNESCO répondront en adoptant un certain nombre de résolutions qui apporteront un cadre juridique à cette notion[1], chaque pays membres étant chargé de leur mise en œuvre dans leurs institutions.

 

 

La culture de la paix se décline en huit domaines d’action identifiés formellement par l’UNESCO et les Nations Unies :

 

  1. renforcer une culture de la paix par l’éducation
  2. promouvoir le développement économique et social durable
  3. promouvoir le respect de tous les droits de l’homme
  4. assurer l’égalité entre les femmes et les hommes
  5. favoriser la participation démocratique
  6. développer la compréhension, la tolérance et la solidarité
  7. soutenir la communication participative et la libre-circulation de l’information et des connaissances
  8. promouvoir la paix et la sécurité internationale (notamment la mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération nucléaire, signé et ratifié par la France)

 

Ces domaines d’action recouvrant la grande majorité des compétences des collectivités territoriales, l’AFCDRP-Maires pour la Paix France (Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix) y a vu, dès sa création, un outil précieux pour renforcer l’efficacité et apporter du sens à la gestion quotidienne des collectivités territoriales.

 

En s’appuyant sur un réseau international rassemblant plus de 2 250 collectivités sur le continent européen, et plus de 6 500 dans le monde[2], mobilisées autour de cette question, l’AFCDRP invite à adopter une approche nouvelle de l’action pour la paix, notamment en lien avec le développement de nouvelles formes de relations humaines incluant des formes nouvelles d’activités économiques respectueuses de la planète, comme l’a souhaité la conférence de Rio sur le développement durable en 1992.

 

Le tourisme, activité importante pour l’Europe donne un exemple des possibilités de cette nouvelle économie et pourrait connaître bien des déclinaisons nouvelles. Cette approche se fonde sur une idée de bon sens : L’activité touristique est incompatible avec les conflits armés.

 

De plus, le réseau AFCDRP  permet de créer des liens cruciaux entre citoyens, la culture de la paix agissant comme un levier de la citoyenneté européenne et du regain nécessaire de l’éducation aux valeurs républicaines, grâce, par exemple, à des actions de coopération décentralisée elles aussi revisitées. Il permet d’appréhender la question des échanges européens avec un œil neuf au service du développement d’initiatives citoyennes.

 

L’AFCDRP-Maires pour la Paix France se veut un outil de coopération, de partage, de mutualisation et de formation permanente. Elle préconise la mise en place, dans chaque collectivité membre, de Programmes Locaux d’Action pour une Culture de la Paix (PLACP). Ces programmes protéiformes sont de véritables feuilles de route adaptées aux réalités de la gestion territoriale. Ils permettent des synergies entre services, favorisant les transversalités pour plus d’efficacité, tout en mutualisant efficacement les ressources. Il s’agira aussi d’imaginer des sources nouvelles de moyens à travers de nouveaux regards sur le travail et son organisation à tous niveaux (du local au mondial).

 

En un mot, un PLACP est un outil pratique et concret d’une approche systémique de l’action locale au service des citoyens.

 

L’AFCDRP-Maires pour la Paix France est la branche française du réseau mondial Maires pour la Paix (Mayors for Peace), fondé par les maires d’Hiroshima et de Nagasaki. Depuis maintenant 70 ans, ces deux villes japonaises sont devenues les symboles de la nécessaire mobilisation pour la paix et le désarmement. Un traité spécifique, le Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), devenu loi française après que notre pays y ait accédé en 1992, prévoit en son article VI que « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace ». Pour faire avancer ces négociations, en décembre 2014, 158 États, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, se sont réunis à Vienne pour étudier plus formellement les conséquences humaines, environnementales et sanitaires des arsenaux nucléaires.

 

Ces questions, dans un monde interdépendant et confronté à des problèmes environnementaux sans précédent (les enjeux cruciaux de la COP 21 [Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques] nous en donnent un exemple) relèvent de notre responsabilité au regard de la sécurité et de la santé publiques, donc de la tranquillité locale. De plus en plus d’acteurs prennent conscience de ces nouveaux défis.

 

Sur ces bases, l’AFCDRP offre un capital de connaissances et d’expériences auxquelles il devient essentiel de participer et de contribuer comme le font déjà de nombreuses collectivités et aussi des personnalités  aussi bien politiques que de la société civile, comme Henry A. Kissinger ou Michael Douglas,  et des organisations telles que l’UNESCO, Cités Unies France, CICR (Comité International de la Croix Ruge) et bien d’autres.

 

L’AFCDRP propose diverses actions concrètes que chacun de ses membres et partenaires utilise selon ses réalités locales. Ces actions peuvent aller d’une simple journée de formation à une assistance technique pour la conception et la réalisation de grandes expositions.

 

 

 

[1] Voir http://afcdrp.com/ressources/textes-de-reference/

[2] Le réseau Maires pour la Paix compte, au 1er mars 2015, 6 585 collectivités membres dans 160 pays. Il bénéficie du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social (Ecosoc) des Nations Unies depuis 1991.

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