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Communiqué de Marie-Christine Vergiat, députée européenne Front de Gauche

 Agenda européen en matière de migration : Une réaction hallucinante du gouvernement français.

Les couacs et mensonges du gouvernement français vont bon train après les propositions de la Commission en matière de migrations.

Lundi 11 mai, alors que le futur agenda européen en matière de migrations venait de "fuiter" et qu'une répartition des demandeurs d'asile sous forme de "quotas" était envisagée par la Commission, Monsieur Cazeneuve s'empressait de revendiquer l'impulsion française de cette nouvelle mesure dite "de solidarité" entre les différents États membres de l'UE.
Mais très vite, Manuel Valls a remis les choses en ordre et s’est violemment opposé à cette proposition, arguant, via Harlem Désir, que cela irait à l'encontre de la souveraineté des États membres.
Mieux encore, dans le compte rendu du Conseil des ministres de ce mercredi, on peut lire qu'"il ne peut non plus y avoir de quotas en matière d’immigration irrégulière". On a envie de hurler devant tant de mauvaise foi ! Réfugiés, demandeurs d'asile, migrants dits économiques, migrants dits irréguliers, on amalgame tout et le gouvernement français ne s'embarrasse guère tant avec la vérité qu’avec le droit.Peu importe semble-t-il que, derrière cette proposition, il y ait des hommes, des femmes et des enfants à la recherche d'une protection internationale !

Que propose la Commission avec ce mécanisme de "quotas" ? Une meilleure répartition des « demandeurs d'asile ayant un besoin manifeste de protection internationale ».
Cela ne porte que sur 20 000 personnes et la part de la France, 2 370 personnes, ne représente que 0,00004% de sa population et une augmentation de 0,04% des demandes d’asile déposées en France.
Cela empiète sur la souveraineté de l'Etat français ? Mensonge !

Qui dit demandeur d’asile dit dossier non encore instruit et donc liberté pour les Etats membres d’accepter ou de rejeter la demande selon leurs règles de droit.
Il s'agit d'accueillir des hordes de migrants ?  Mensonge ! On parle d'une minorité de réfugiés potentiels.
La France accueille déjà "sa part" de réfugiés ? Mensonge ! 112 170 réfugiés Syriens ont été accueillis dans l’UE depuis 2011, dont 29 365 en Allemagne et 33 485 Suède. 5 000  ont été accueillis en France depuis le début de la crise. Les pays voisins de la Syrie en accueillent désormais près de 4 millions.
On dit renforcement de l'aide au développement. Mensonge encore !

Dans l’OCDE, l’aide publique au développement (APD) est restée stable en 2014, avec une moyenne de 0,29 % du revenu national brut, loin de l’objectif de 0,7% fixé par l’ONU qui n’est respecté que par 5 pays (Danemark, Luxembourg, Norvège, Suède et Royaume-Uni). Même si en volume, la France reste l’un des principaux donateurs, cela ne représente plus que 0,36% du revenu national brut, en diminution pour la quatrième année consécutive. La France est passée du 2nde au 5ème rang des bailleurs internationaux.  Où est le renforcement ?

Encore une promesse non tenue de François Hollande ! Une projection faite par une coordination Sud, l’APD sera en diminution de 20% sur la période 2012 / 2017 à contre-courant du mouvement mondial (+6%).
Et quand l’agenda européen des migrations compte quatre piliers, la France en reprend seulement trois et oublie celui… qui porte sur le « devoir de protection de l’Europe ».

 Comment ose-t-on dire dans ce communiqué que « la situation tragique des migrants nécessite une réponse européenne que la France appelle de ses vœux » alors qu’elle est en 1ère ligne pour démolir les faibles propositions de la Commission européenne en ce domaine.
Alors assez de mensonges, assez de cynisme.

 Il s’agit de protéger des vies humaines ce que ne fera pas l’opération militaire envisagée dans les eaux territoriales libyennes pour soi-disant neutraliser les bateaux des trafiquants. Opération dans laquelle la France, là, s’est engagée sans le moindre état d’âme.

Devant l'ampleur de la crise humanitaire que traverse notre planète, il est plus que temps de cesser de mentir aux Français, d’alimenter les peurs. Il faut faire preuve de responsabilité, d’un minimum de solidarité, d’humanité et de courage politique.